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Tapering : vers la fin d’une politique accommodante des banques centrales ?

Publié le 25/11/2021

Tapering : vers la fin d’une politique accommodante des banques centrales ?

Tape quoi ? Bientôt ce mot sera dans la bouche de tous les médias et passera à la matinale d’Hugo Décrypte. Alors avec un coup d’avance, l’équipe édito MPP te passe en revue les tenants et les aboutissants de cette nouvelle actualité économique menée de front par nos chères banques centrales.  

Avant de t’embarquer direction le tapering, revenons sur les prémices de cette actu dont la genèse tient en cinq syllabes : co-ro-na-vi-rus. 

D’une politique monétaire non-conventionnelle au tapering

Retour 1 an en arrière, quand les rues des villes étaient vides et où nous étions tous affalés confinés dans nos foyers pendant que l’économie, elle, se faisait la malle... 

Face à la crise sanitaire et à ses conséquences telles que la hausse du chômage, perte d'activité et liquidation de certaines entreprises, les banques centrales, dont le rôle est de piloter la politique monétaire, ont pris les choses en main. 

En effet, toutes ont accentué leur politique monétaire en déversant encore plus de liquidités sur les marchés qu'elles le faisaient avant, pour justement soutenir l'économie. Plus concrètement, les banques centrales ont acheté des titres de dette publique sur les marchés financiers, principalement auprès d’investisseurs hors Etats comme les banques par exemple.  

L’objectif : stimuler l’activité de l’économie mondiale avec pour issues : 

  • Une stimulation de l’inflation et un soutien des marchés boursiers
  • La réduction des taux d’intérêts de long terme  

 
Pour la BCE (Banque Centrale Européenne), cette politique monétaire non-conventionnelle s'est illustrée par le PEPP ou Pandemic Emergency Purchase Programme. Avec ce plan d’action, 1.850 milliards d'euros ont été mis sur la table, étalés jusqu’à mars 2022, pour soutenir l’économie. 

Cette stratégie a participé à une belle relance économique en 2021, suivie de près par une inflation en pleine croissance dans le monde. Résultat, face à cette reprise, les banques centrales s’interrogent sur la nécessité de pérenniser le modèle. Si pour la BCE la question n’est pas totalement tranchée, chez nos voisins outre-Atlantique, c’est chose réglée, le tapering se lancera à la fin novembre.

 

Vers un début imminent du tapering ?

Pour te faire une définition la plus simple possible, le tapering , de sa traduction française “dégressif”, est une réduction progressive de la politique d’assouplissement monétaire. Entends par là, le plan PEPP pour la Banque Centrale Européenne et Quantitative Easing ou QE pour la Réserve Fédérale Américaine (FED). Cette dernière a été mise en place aux Etats-Unis suite à la crise des Subprimes. 

Qui lance les hostilités d’une fin des aides des banques centrale ? Les Etats-Unis. Après sa réunion du 2 et 3 novembre, la FED a annoncé un début du tapering pour mi-novembre. La Banque Centrale Américaine, qui rachète actuellement 120 milliards de dollars d’actifs chaque mois, va donc réduire de 15 milliards par mois ce montant, pour diminuer progressivement son soutien monétaire à l’économie.  

Mais pourquoi la banque centrale américaine ferme les robinets ? Du point de vue du contexte économique, les Etats-Unis ont très bien rebondi suite à la crise sanitaire. Il enregistre d’ailleurs une inflation à 6,2% sur une année glissante pour le mois d’octobre 2021. Le Quantitative Easing, mis en place en partie pour lutter contre les pressions déflationnistes n’a donc plus lieu d’être. 

Si cette mesure semble drastique, la Banque Centrale Américaine a tout de même souligné qu’elle avait l’intention de conserver une position accommodante. Elle maintient pour le moment de faibles taux d’intérêts pour soutenir l’économie, jusqu’à ce que les Etats-Unis atteignent le plein emploi et une certaine stabilité des prix. 

 
En résumé, le tapering n’est donc pas une notion négative ou une punition. C’est au contraire le signe positif d’une meilleure santé de l’économie.

 

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Des conséquences sur les marchés et Mon Petit Placement ?

A l’image d’une fin des APL lorsque l’on est étudiant, de manière générale, le tapering n’est pas forcément vu qu’un bon œil par les marchés boursiers. Ce sont tout de même des milliards en moins en circulation. 

Cependant, si les traders ne se réjouissent pas de la nouvelle, cela n’en est pas moins qu’une suite logique de la reprise économique. Loin d’être une surprise générale, les investisseurs ont depuis longtemps pris les devants en mesurant les effets du tapering. 

Les portefeuilles Mon Petit Placement ne sont donc pas soumis à un risque particulier. Au contraire, les investisseurs redoutent plutôt une remontée des taux directeurs, qui toutefois ne devrait pas intervenir tout de suite selon les prévisionnistes.