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La finance comportementale

Sais-tu que les décisions d'un investisseur ne sont pas toujours rationnelles ? Découvre les 6 biais cognitifs qui peuvent mener tes actions à la baguette !

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La finance comportementale n’est pas une nouvelle théorie du complot, mais une science réelle. Ses théories ont rassemblé de nombreux penseurs, sociologues, mathématiciens et experts financiers. Il t’est sans nul doute arrivé de “craquer” devant la toute nouvelle PS5 , de dépenser plus que prévu en cadeau d’anniversaire pour ton meilleur ami (il en a de la chance), ou encore de ne pas regarder ton compte bancaire… tout en dépensant sans compter.

La finance comportementale démontre que le premier responsable de son porte-monnaie, c’est l’investisseur lui-même (aka toi). Ce dernier peut, dans un contexte particulier, manquer de rationalité en ce qui concerne l’argent. A ce jour, différents profils d’investisseurs ont été établis - un peu à la Esprits Criminels. Nous revenons dans notre Académie sur la finance comportementale, afin qu’elle n’ait plus de secret pour toi.

 

1 Qu’est-ce que la
finance comportementale ?

Tout commence dans les années 1960 avec Eugène Fama, économiste américain. A cette époque, ses recherches sur “l’efficience du marché financier” (Efficient Capital Markets: A Review of Theory and Empirical Work) ont fait carton plein. Cette étude explique les fluctuations irrationnelles du marché économique. Connaissant un grand succès dans les années 70, son travail sur la finance comportementale est officiellement reconnu avec le Prix Nobel d’économie en 2013, aux côtés de Robert Shiller et de Lars Peter Hansen. 

A cette époque, c’est une rupture de la pensée économique logique qui fait beaucoup parler d’elle. Presque autant que l’arrivée de Lionel Messi au PSG. Les investisseurs ne sont plus des entités rationnelles, mais des êtres irrationnels influencés par des acteurs émotionnels, responsables d’actions illogiques. On parle ici de biais cognitifs !

 

2 Théorie financière classique
versus finance comportementale

Avant d’aller plus loin, revenons un peu en arrière sur l’opposition entre la théorie financière classique et la finance comportementale.

La théorie classique

Dans les années 60, la théorie classique VS la finance comportementale, arguait que les investisseurs étaient influencés pour prendre les meilleures décisions. Les concepts ou les émotions ci-dessous sont perçus comme les seuls acteurs dans la prise de décisions des investisseurs : 

  • La peur de la perte pécuniaire,
  • Le besoin de validation / confirmation de l’autre,
  • L’effet de groupe (le trading était la principale source des études financières menées)
  • Le biais de ratio, 
  • L’ancrage mental, etc.

 

La finance comportementale entre en scène

La finance comportementale vient nuancer ce propos. Elle ne scinde pas l’investisseur comme une entité influencée par une émotion, ou une donnée rationnelle. Il est, de nature, dans l’incapacité d’être un investisseur rationnel.

Pour te donner un exemple très concret sur la finance comportementale : un trader qui a eu une bonne nouvelle a tendance à être particulièrement optimiste sur les marchés. Un autre, qui a 50 ans d’expérience dans le métier, se croit être le trader génial de son entreprise. Un excès de confiance qui peut être fatal…

 

3 6 biais cognitifs
d’un investisseur en finance

A la suite de cette découverte qu’est la finance comportementale, plusieurs questions se posent naturellement. Qui sont les grands responsables de ces mauvaises décisions ? Qui sont-ils et pourquoi ne sont-ils pas maîtrisés ?

Nous faisons un petit topos avec les 6 biais cognitifs les plus connus : 

  • L’excès de confiance

Pour aller plus loin en finance comportementale, l’excès de confiance en soi peut s’avérer dangereux pour tes finances. Il est démontré que si 90% des investisseurs pensent avoir raison, ce n’est le cas que dans 70% des cas. Les études menées sur ce biais cognitif démontrent que les investisseurs sont aussi pressés d’acheter que de vendre, le plus souvent au détriment d’une certaine logique. Persuadés d’être les maîtres du monde de la finance, ce n’est que lorsqu’ils font face à l’échec qu’ils reconnaissent leurs erreurs - ou s‘enfoncent dans leur illusion…
 

  • La représentativité  

Ce biais cognitif de la finance comportementale suggère l’incapacité d’avoir un jugement impartial. Entre autres, les investisseurs sont influencés par un nombre limité d’éléments, qui les induisent en erreur. Par exemple, une banque a gagné trois ans de suite en 10 ans le prix de la meilleure banque. Il va partir du principe qu’elle est forcément la meilleure banque du pays. Il n’a pas pris en compte d’autres données comme : qui a remis le prix ? Sur quelles données ? Qu’est-ce que le prix récompense réellement ? Toutes ces informations sont mises de côté, laissant place à des convictions qui se basent, en réalité, sur peu de choses… 

  • L’aversion au risque 

C’est un cas en finance comportementale assez répandu.

Quand on n’a pas d’argent, on a tendance à ne pas regarder son compte bancaire. Même si on sait que les économies sont parties trop tôt, trop vite, on préfère mettre la tête dans le sable. Le cas contraire est tout aussi significatif : quand on a de l’argent, on ouvre son compte sans se poser de questions. Le fait est que les investisseurs adoptent aussi ce type de comportement lors de l’achat et de la vente. Ils sont plus enclins à vendre les parts bénéficiaires que celles qui perdent en valeur, car peu ont réellement le goût du risque. Si on ajoute à cela la notion du regret, celle de ne pas avoir agi à temps, l’investisseur va agir contre toute logique. Il va donc revendre des parts qui pourraient gagner en poids, réalisant ainsi une mauvaise action en réalité. Tu as suivi ?

 “Une bonne décision, prise pour de mauvaises raisons devient une mauvaise décision”. La réponse était peut-être finalement dans Pirates des Caraïbes…

  • Le comportement moutonnier 

Personne n’a envie d’être le mouton de la finance et pourtant, c’est un cas qui n’est pas si rare sur les marchés. La finance comportementale le démontre bien, notamment dans le monde du trading. Pour te donner un aperçu, chaque trader a une idée préconçue sur le meilleur investissement financier possible, l’entreprise qui va décoller le mois prochain, ou sur les tendances financières de demain. 

Ces idées affluent dans notre vie quotidienne : les publicités dans le métro, la lecture de sites internet… L’investisseur est déjà conditionné par son environnement lors de sa décision d’achat ou de vente. Il agit selon les bruits du marché et non selon une logique implacable. 

Pour dédouaner ce comportement, il ne faut pas oublier que les titres disponibles sont légion en finance. Il est difficile d’en connaître tous ses tenants et aboutissants. Les traders n’ont d’autres choix que de se fier à ce qu’ils voient et entendent pour faire leur métier.

  • L’ancrage  

Qui n’a jamais dit être expert sur un sujet lors d’un débat, uniquement parce qu’il a lu un article dans un journal de renom ? Le biais cognitif de l’ancrage est très répandu lorsque tu fais un débat. Ton idée, forte, très souvent la 1ère information que tu as reçue à ce sujet, est forcément la bonne. Ce biais cognitif de finance comportementale démontre que l’investisseur est biaisé par une idée première, sans être rentré en profondeur dans le sujet. Lors d’un investissement financier, s’il a lu que le Bitcoin allait remplacer la monnaie courante dans les 10 ans, il va tout investir sans peser le pour et le contre.

  • Disponibilité 

Dernier biais cognitif très présent dans l’univers de la finance comportementale : la disponibilité en mémoire. Entre autres, l’investisseur a tendance à se convaincre d’un fait, d’une probabilité, selon plusieurs exemples vécus ou lus. Malgré de nombreux témoignages qui vont à contresens de son avis, il n’en a que faire.

 

4 L'importance de bien
définir son profil d’investisseur

Et toi, quel type d’investisseur es-tu au quotidien ? Le prudent moutonnier ? Ou celui qui a déjà lu trois livres sur la finance et pense tout connaître ? Il ne faut pas se méprendre : connaître son profil d’investisseur est très avantageux, autant pour investir que pour vendre à raison. Après tout, si tu as investi tes économies, ce n’est pas pour te retrouver avec un investissement désespérément vide…

Pour te donner quelques étapes à bien respecter :
Fait le point avec une checklist de questions sur tes habitudes financières. Es-tu du genre à tout dépenser ? Est-ce que l’investissement t’intéresse ou te semble être une hérésie ? Combien d’argent as-tu investi et gagné (ou perdu..) ?

  1. Quelles sont tes garanties financières ?

  2. Quels produits vises-tu lorsque tu investis ?

  3. Quel est ton objectif lors de cet investissement ? Gagner encore plus d’argent pour en profiter ? Avoir une retraite confortable ? Financer l’étude pour tes enfants ou acheter un voilier ?

  4. Quelles sont tes connaissances en finance ? Expert ou novice ? (On ne juge pas !)

  5. Quelles sont les prévisions des dépenses à venir ? As-tu une appétence au risque ? 

Dès lors que tu as défini ton profil, tu as la garantie de mieux appréhender tes potentiels comportements. Tu sais ainsi ce que tu dois mesurer lors de tes investissements, afin d’obtenir les meilleurs résultats possible. Test notre simulateur de placement pour mieux comprendre le type d’investisseur que tu es !

5 5 filons pour déjouer
la finance comportementale !

Il est très facile de ne plus savoir sur quel pied danser quand il est question d’investissement. D’autant plus quand on sait que la finance comportementale existe ! Nous te donnons quelques règles d’or pour ne pas perdre la tête :

  1. Ne jamais investir de l'argent dont tu aurais besoin pour vivre. Être investisseur, ça ne doit pas t'empêcher de dormir sur tes 2 oreilles !

  2. Penser long terme. Tu ne viens pas constituer une épargne de précaution sur les marchés, tu viens la faire fructifier !
     
  3. Take your time ! Sache que ton pire ennemi dans l'histoire, c'est toi. N'enclenche pas d'actions précipitées, prends le temps de réfléchir et de te faire conseiller.
     
  4. Check ton portefeuille seulement 1 ou 2 fois par mois. Ce n'est pas ton compte courant et en période plus basse, ça pourrait te faire faire des bêtises.
     
  5.  Lisse toujours ton point d'entrée avec une somme initiale intelligente et des mensualités. Encore plus vrai face à des marchés nerveux...

En résumé

Tu n’as pas besoin d’acheter “La finance comportementale pour les nuls”, pour comprendre de quoi il en retourne. Investir en toute logique, c’est possible, si on a conscience des biais cognitifs et des acteurs émotionnels qui nous entourent. 

Chacun a un profil d’investisseur bien précis et il t’appartient de découvrir le tien. N’oublie pas que même le meilleur trader peut se tromper. Mais en corrigeant ton biais cognitif prédominant, tu mets toutes tes chances de ton côté pour réussir un placement de raison - et non de cœur.

 

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